Concert d’Alim Qasimov et Fargana Qasimova

1-2 avril 2011, Institut du Monde Arabe

Mardi 29 mars 2011, par Hacked By falcko.x // Hacked By Awad Sahar

Alim Qasimov est le plus célèbre interprète du mugham, le style musical d’Azerbaïdjan qui exprime toutes les variations du sentiment amoureux. En novembre 1999, cet immense chanteur s’est vu décerner le très prestigieux « IMC-Unesco International Music Prize » qui a récompensé avant lui des artistes de la stature de Yehudi Menuhin, Leonard Bernstein, Dimitri Chostakovich et Nusrat Fateh Ali Khan.

L’art du mugham (ou mugam) se rattache à des traditions musicales allant du Caucase à l’Iran. En Azerbaïdjan, mugham désigne à la fois la musique savante et la formation instrumentale traditionnelle composée du tar, du kamantché et du daf. Historiquement (XIIIè et XIVè siècles), les racines de ces modes sont similaires, même si au fil du temps les mêmes noms ont pu recouvrir des réalités locales différentes. Caractérisé par la rapidité de ses rythmes, l’art du mugham d’Azerbaïdjan a su évoluer tout en conservant les formes classiques. Le mécénat de lettrés, ainsi que les toy (fêtes de mariages) lui ont permis de se perpétuer, même sous l’occupation soviétique. On assiste aujourd’hui à un renouveau du mugham – qui a été classé « chef d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité » par l’UNESCO – ainsi qu’à une redécouverte des modes les plus anciens.

Né en 1957 à Shamakha, dans une famille de paysans, Alim Qasimov apprend d’abord le chant par lui-même. À 21 ans, il intègre l’école de musique de Bakou et découvre le mugham. Il s’affirme vite comme le meilleur chanteur de sa génération, excellant dans cet art qui emprunte aux bardes certains éléments mélodiques et rythmiques, et exige une grande maîtrise de l’improvisation. La perestroïka lui a permis de se produire à l’étranger, accompagné d’une vièle kamantché et d’un luth tar, lui-même jouant du bendir (tambour sur cadre). Depuis, il tourne régulièrement à travers le monde. D’après Qasimov, la musique est une nourriture spirituelle envoyée par Dieu, créée avec et non parles hommes. Les improvisations sur le mugham peuvent durer des heures. Seules les paroles sont écrites, soit en turc azéri, soit en persan, soit en arabe.

C’est maintenant sa fille, Fargana Qasimova, 21 ans, qui l’accompagne sur disque et sur scène.

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